Post-partum et parentalité : des nuits en miettes

L’objectif de cette article est de partager une information claire, accessible, mais toujours fondée sur des données scientifiques solides. Chaque sujet abordé — qu’il s’agisse de la fertilité, de la grossesse, de la parentalité, de la ménopause ou encore du grand âge — repose sur des publications scientifiques validées, que vous retrouverez mentionnées au fil de la lecture. 

Dr Jonathan TAIEB

Nous y sommes : les problèmes éventuels d’infertilité ont été résolus, la grossesse s’est (relativement) bien déroulée et le bébé est né. Finies les galères ? Que nenni, rassurez-vous, ça ne fait que commencer…

D’une part, et parce que la vie est injuste, après le dur labeur de l’accouchement, vient la chute brutale des hormones – progestérone et œstrogènes en tête – et donc la perte de leur effet légèrement sédatif (Beebe & Lee, Journal of Perinatal & Neonatal Nursing, 2007). A cela s’ajoute l’instinct maternel et l’état d’alerte que les mères adoptent dès la naissance, prêtes à bondir au moindre bruit. Cette hypervigilance maternelle est un phénomène bien connu, presque universel (Hunter et al., Sleep Medicine, 2009). Sans parler de celles qui choisissent d’allaiter (elles sont près de 70% en France, selon une enquête de l’INSERM réalisée en 2019). L’allaitement fragmente encore davantage leurs nuits et elles se réveillent toutes les 2 à 4 heures, parfois plus, pour nourrir leur bébé (Gay et al., Sleep Health, 2016).

Mes consultations ne font que confirmer ces constats. Beaucoup de mamans me décrivent la sensation d’être « en mode radar » la nuit, le cerveau aux aguets, incapable de lâcher prise et donc incapable de plonger dans un vrai sommeil. Si le bébé dort (parfois) comme un ange, la mère, souvent affublée de l’image d’une lionne, ne peut baisser la garde. Y compris quand le lion, pardon le père, sort de son sommeil pour gérer l’éveil dans la chambre d’à côté…

D’ailleurs, et loin de moi l’idée de prendre parti, il est vrai que nous faisons peu la part belle de leur cas dans cet article, mais les pères – et je sais de quoi je parle – ne sont pas en reste quant aux troubles du sommeil, surtout durant les premiers mois de leur progéniture. Je vois d’ailleurs fréquemment dans mon cabinet des parents qui se disputent souvent pour savoir « qui s’est levé le plus durant la nuit », un classique des consultations de jeunes couples épuisés. Rassurez-vous, là encore, je fais preuve d’une neutralité sans faille (mais j’ai mon avis sur la question).

À cela s’ajoutent les troubles cognitifs (mémoire, concentration), l’irritabilité et parfois donc les tensions conjugales (Dorheim et al., Sleep Medicine, 2009). Ici, beaucoup de femmes minimisent ou culpabilisent, en pensant que cette situation est normale et passagère.

Et même si, tôt ou tard, le nourrisson commence à « faire ses nuits », les troubles du sommeil ne disparaissent pas pour autant. Une étude canadienne a montré que même 6 ans après la naissance, les parents dorment encore moins et moins bien que ceux qui n’ont pas d’enfants (Dahl et al., Sleep Health, 2021).

Et si cela ne suffisait pas, un sommeil altéré vient renforcer une autre pathologie bien connue aujourd’hui : le baby blues, ou dépression post partum. Son risque de survenue est multiplié par trois dans ce cas (Okun et al., Journal of Affective Disorders, 2011).

Dr Jonathan TAIEB
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